Avez-vous peur de la vie?

Avez-vous peur de la vie ?
Par Denis Morisette

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Avez-vous remarqué que nous sommes plus angoissés par la peur de perdre ce que nous avons, que par la peur de ne pas avoir ce que nous désirons. La plupart du temps, nous nous réfugions dans notre zone de confort plutôt que d'affronter les défis de la vie.
Il y a quelques mois, cette vérité m'est venue à l'esprit lorsque j'observais des centaines d'embarcations dans un joli port de mer où tanguaient des voiliers et des superbes yachts sur l'eau. Je me suis alors posé la question s'ils étaient là pour embellir ce port et réjouir le regard des touristes, ou s'ils prenaient la mer parfois.
Vous conviendrez avec moi qu'un navire qui demeure dans la sécurité de son port d'attache passe à côté de sa mission. Un bateau est conçu pour naviguer, voguer sur la mer. Il est même bâti pour braver les éléments qui peuvent quelques fois se présenter à lui. Qui plus est, la mer et l'océan sont de puissantes métaphores de la vie avec ce que cette dernière représente de défis, de difficultés et bien sûr, d'aventures.
Vous et moi, pouvons choisir de ne pas bouger et de nous cramponner à ce que nous avons par peur de les perdre. Mais la vie, c'est bien plus que de vivre dans nos retranchements. Je ne me souviens plus où j'ai pris cette pensée qui dit : « J'aime mieux vivre, voler comme un aigle et être terrassé par la foudre que de tourner en rond dans un étang comme un beau cygne blanc ». Voilà ma motivation personnelle dans ma propre vie. AFFRONTER et CONFRONTER. Cela signifie aller de l'avant malgré les peurs et les incertitudes et, en toute chose, vivre pleinement.
« J'aime mieux vivre et voler comme un aigle et être terrassé par la foudre que de tourner en rond dans un étang comme un beau cygne blanc! »
Plus que tout, c'est la peur qui empêche les gens de vivre librement, de travailler à la réalisation de leurs aspirations. Si la peur est une bonne assistante, elle est une mauvaise directrice. Elle nous paralyse au lieu de nous faire avancer. Bien plus, quand on l'écoute et que l'on s'y soumet, elle nous contraint à ne pas bouger, à assurer notre sécurité, à préserver nos acquis. Mais à la fin, elle nous atrophie et nous coupe de l'essentiel de la vie.
La peur est l'émotion première de notre époque. Les anxiolytiques font partie des médicaments les plus prescrits dans nos sociétés modernes. Bien sûr, la peur nous est utile. C'est elle qui assure notre protection ainsi que notre préservation. Mais le paradoxe est que bien des institutions dans notre monde moderne jouent sur nos peurs et nos insécurités : les politiciens, les grandes compagnies d'assurance, les agences bancaires et même les systèmes religieux. Ils tentent de nous rallier à leur cause, à acheter leur produit, à obéir à leur règle et tout cela par la peur. Et cette peur ne porte que sur un seul aspect : la peur de perdre. Perdre notre sécurité. Perdre notre confort. Perdre nos biens, etc.
Le seul moyen de contrecarrer la peur consiste à user de courage. Le courage n'est pas l'absence de peur. C'est prendre celle-ci en laisse et la garder sous son contrôle. D'ailleurs, le mot courage prend sa racine latine dans le mot « cœur » comme l'expression avoir du cœur. Plus on apprend à utiliser notre courage plus nos peurs perdent de leur pouvoir.
« La peur est comme un chien. Ou vous promenez le chien ou c'est le chien qui vous promène! »
Pour illustrer mon propos, permettez-moi de vous raconter l'histoire que j'ai lue il y a quelques années et qui concerne une jeune fille appelée Marie-Noëlle. L'article du journal portait sur les déboires de cette dernière avec les services sociaux. Mais là n'est pas le point. La chroniqueuse se met à décrire la vie de Marie-Noëlle, ses voyages au Viêt Nam et en Tunisie et bientôt à Cuba et aussi ses 19 sauts en parachute. Marie-Noëlle possède un baccalauréat en psychologie et un certificat en criminologie. Mais voilà, elle est lourdement handicapée. Voici ce qu'en dit la chronique : « Elle est atteinte de paralysie cérébrale très sévère. Elle est attachée à un fauteuil roulant, ne parle pas, ne peut pas manger toute seule. Elle communique avec un petit faisceau rouge fixé sur ses lunettes qu'elle dirige sur un grand tableau blanc, rempli de mots et d'expressions ». Incroyable ! Je suis toujours renversé par ses récits de courage et de détermination. Marie-Noëlle aurait pu se résigner à une vie disons « végétative » mais au contraire, elle a su, malgré son lourd handicap, dépasser ses propres limites. Elle a compris ce qu'est le courage de vivre. (Montréal, La Presse, chronique de Mylène Moisan, dimanche le 28 avril 2013).
Eleanor Roosevelt, l'épouse du 32e Président américain, Franklin D. Roosevelt a dit : « Vous allez acquérir de la force, du courage et de la confiance face aux expériences de la vie à chaque fois que vous allez regarder en face vos peurs. Vous devez faire ce que vous ne vous croyez pas capable de faire ». Elle aussi avait compris ce qu'était le courage de vivre.
Laissez-moi vous rappeler quelques vérités:
1- La peur est universelle: tout le monde est aux prises avec elle à un moment ou un autre de la vie.
2- Plusieurs se laissent dominer par elle sans réaliser qu'ils peuvent apprendre à la contrôler.
3- Lorsqu'on apprend à la garder sous contrôle, on s'assure ainsi que celle-ci ne dicte pas nos choix et nos décisions.
4- Plus vous allez apprendre à la gérer moins celle-ci aura de pouvoir sur vous.
Alors, n'hésitez plus! Faites confiance à Dieu et vivez pleinement votre vie!